
Avec "Chirac en prison",
les Wampas veulent tester la libre expression
AFP,lundi 16 janvier 2006, 22h37
PARIS (AFP) - Les Wampas, groupe de rock emmené
par Didier Wampas, sortiront le 13 février un "single"
intitulé "Chirac en prison" (Atmosphériques/Universal),
disponible depuis lundi en téléchargement légal sur
internet, avec la volonté de tester la liberté d'expression
en France.
"L'idée m'est venue en assistant
à un spectacle avec mes enfants consacré à la censure
dans les théâtres au temps de Molière. Je me suis
demandé si les choses avaient changé",
a expliqué à l'AFP Didier Wampas.
"Seule (la radio) +Oui FM+ a accepté
de passer la chanson. Les autres radios refusent et les télévisions
nous ont déjà dit que ce n'était pas la peine de
réaliser un clip car elles ne le passeraient pas",
dénonce-t-il.
"Cela ne nous
étonne pas. S'attaquer à un président de la République
est un peu tabou. La France n'est toujours pas sortie de la royauté
et c'était pire sous Mitterrand", constate le
leader des Wampas.
"On a le droit
de dire ce que l'on veut en France, et c'est déjà ça",
a estimé Didier Wampas, précisant que des avocats contactés
par le groupe et la maison de disques ont donné leur feu vert.
Wampas affirme cependant avoir été
victime de censure vendredi dernier sur Canal+, durant l'émission
"Vendredi pétantes". L'interview du groupe, prévue
après qu'il eut joué "Chirac en prison", a selon
lui été annulée au dernier moment. Le député
UMP et ancien ministre Bernard Debré comptait parmi les autres
invités.
Jointe par l'AFP, la direction de Canal+ a
formellement démenti toute censure, soulignant au contraire que
le groupe avait pu interpréter sa chanson normalement.
Principal extrait du prochain album des Wampas,
dans les bacs le 6 mars, "Chirac en prison" met en scène
un garçon évoquant les états d'âme de sa compagne
avec pour refrain : "Elle ne pense qu'à ça, elle n'en
dort plus la nuit. La seule chose qui lui ferait plaisir, ce serait de
voir Chirac en prison".
Dans un couplet, Didier Wampas chante: "Pourtant,
il y a cinq ans, j'avais voté pour lui (...) C'est ma dernière
chance. Il faut que j'aie confiance en la justice française".
"Peut-être
que Chirac ne mérite pas d'être condamné. On a le
droit de se poser la question. Je suis très loin de penser que
tous les hommes politiques sont des pourris", assure
à l'AFP Didier Wampas qui, parallèlement à sa carrière
de chanteur, travaille toujours à la RATP.
"Tant qu'un
président de la République est en fonction, il est normal
qu'il soit protégé, mais pas après",
ajoute-t-il. (Ndlr, Jacques Chirac bénéficie de l'immunité
pénale aussi longtemps qu'il est Président de la République,
c'est pourquoi il n'a pas été entendu dans les procès
sur les emplois fictifs et les commissions sur les marchés publics
qui ont contribué au financement du RPR alors qu'il était
maire de Paris).
Wampas ne craint pas que le texte de la chanson
soit pris au premier degré et estime ne pas participer à
la déconsidération de la classe politique.
Avant le Zénith de Paris le 11 mai,
les Wampas doivent se produire dès le 21 janvier en tournée
dans une dizaine de villes dont Angoulème, Cahors et Strasbourg.
"Chirac en prison" fait partie de leur nouveau tour de chant.
Les Wampas, groupe d'inspiration punk qui
existe depuis le début des années 80, avaient connu le succès
public en 2003 avec la chanson "Manu Chao".
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